Le Vivant est devant

En ce temps de Pâques, voici un poème de Jean Debruyne.

Au clair des lunes mortes
Sur les ailes du vent,
quelqu’un frappe à la porte
Le Vivant est devant.

Roulez, pierres à tombeaux,
Fleurissez nos jardins
comme meules à moulin
pour moudre un grain nouveau.
Le Vivant est devant.

Roulez vos vieux tonneaux
aigris de vieilles peurs ;
sous les pressoirs du coeur
nous coule un vin nouveau.
Le Vivant est devant.

Les morts n’auront plus froid.
C’est à coeur et à corps
qu’il a tué la mort
aux deux bras de la croix.
Le Vivant est devant.

Aux marbres des tombeaux
vos bouquets sont fanés.
Venez, un homme est né.
Les amandiers sont beaux.

Au clair des lunes mortes
sur les ailes du vent,
Quelqu’un frappe à la porte.
Le Vivant est devant